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Tout savoir sur les liens polluants végétaux cultivés

2015-06-04 Tout savoir sur les liens polluants végétaux cultivés

Depuis deux ans, les scientifiques de l’Institut cherchent à mieux comprendre comment et en quelles quantités certains polluants se transfèrent du sol ou de l’atmosphère vers les végétaux cultivés. Après une première phase sur les 6 communes du territoire, une seconde s’est déroulée à l’Ecole Gérachios de Fos-sur-Mer. 

L’étude, démarrée en 2014, comporte deux phases. Dans la première, il s’est agi de faire pousser dans les mêmes conditions de culture et dans les 6 villes de Ouest Provence, des plants de batavia. Après 8 semaines, ces plants ont été récoltés, racines et feuilles ont été séparées pour être analysées séparément. Des échantillons de sol et d’eau d’arrosage ont été également prélevés sur tous les sites de culture. Les jardiniers volontaires ont répondu à un questionnaire pour évaluer les pratiques culturales (apport d'intrants, travail du sol, densité des cultures, choix des variétés…).

Quelques résultats  
Après deux mois de culture des salades, les concentrations de polluants organiques mesurées dans les échantillons de sols (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) et de végétaux (HAP, dioxines et PCB) ne présentent, à priori, pas de risques sanitaires (pour les végétaux) ou environnementaux (pour les sols et les eaux) sur l'ensemble des communes de Ouest-Provence. Cependant, pour l’ensemble de ces polluants, les concentrations sont plus importantes aux abords de la zone industrielle. Ces résultats mettent en évidence une plus forte exposition des communes du sud de l'intercommunalité (Fos-sur-Mer, Port-Saint-Louis-du-Rhône) à la pollution organique (HAP, PCB, dioxines), la ZIP de Fos étant l'une des principales émettrices de dioxines et HAP en France (IREP, 2014). L'influence des eaux d'irrigation semble faible concernant les HAP, seul du naphtalène a été retrouvé à Grans dans la Touloubre. 

Phase 2 en cours
Ce second volet a pour but d’identifier  la capacité de bioaccumulation des végétaux pour les différents types de polluants étudiés en  fonction du  type de végétal (légumes feuilles, racine ou fruits), mais également d’évaluer un éventuel risque sanitaire, la source de pollutions et, enfin, la part des voies d'absorption (foliaire/racinaire) des polluants chez les végétaux. Contrairement à la phase 1, un seul site a été investigué lors de cette phase et  la nature des végétaux a été diversifiée. En outre, le site a été équipé d’instruments de mesure de la pollution atmosphérique qui ont fonctionné tout au long de la période de culture. L’idée de cette seconde phase était donc d’avoir les mêmes conditions d’exposition pour des végétaux différents.

Dans le détail
3 types de végétaux ont été définis : légumes à feuilles (salade), tubercules (radis), légumes à fruits (fèves). Des plants âgés de 15  jours ont été mis en culture, pendant 7 semaines, soit en pleine terre  (transfert  foliaire et racinaire) soit en pot avec du terreau protégé (transfert foliaire). Enfin, des légumes ont également été cultivés en pot, toujours sur le site de l'’école de Gérachios, mais avec de la terre provenant d'’un site industriel pollué. L'’arrosage a été réalisé de façon similaire pour l'‘ensemble des plants, en fonction des besoins spécifiques de chaque type de légume. 

Afin de connaître avec précision la nature et la quantité des polluants atmosphériques auxquels ont été soumis les plants, le site a accueilli la station de mesure de l’Institut, équipée d’un préleveur sur filtre de particules. Des jauges OWEN ont également été implantées, permettantde connaître l’intégralité des apports atmosphériques, puisqu’en plus des poussières sédimentables, la jauge accumule également les polluants tombés avec la pluie.

Partenariat pédagogique
Bernard Ducognon, adjoint au maire de Fos-sur-Mer, délégué à l’Education est venu visiter la station d’étude à l’occasion de la récolte des échantillons. Il a salué le fait de « faire de la connaissance un socle du mieux vivre pour le territoire et l’occasion de donner aux plus jeunes un nouvel éclairage sur ces questions». Les élèves de l’école bénéficieront d’un programme pédagogique dispensé par les scientifiques de l’Institut autour de l’impact de l’environnement sur le vivant.