logo institut

La biodiversité sous-marine en observation


Des volontaires de l’Observatoire Citoyen de l’Environnement (VOCE) participent à l’étude FOS-SEA, qui investiguent actuellement l’impact des rejets d’eaux chlorées dans le Golfe de Fos. L’objectif est d’étudier la diversité et l’état écologique de 6 placettes localisées sur le pourtour du golfe dans le cadre de sorties Palmes/Masques/Tubas. Le travail effectué avec les volontaires s’est notamment attaché à relever la présence/absence d’espèces remarquables sur chaque placette, à déterminer le pourcentage d’algues vertes, brunes et rouges, à mesurer les paramètres physico-chimiques avec une sonde multiparamètres et à réaliser des observations vidéos pour le suivi des peuplements halieutiques. Pour participer, merci d’envoyer un mail à voce@institut-ecocitoyen.fr


Toutes les actus

L'institut

L'Institut écocitoyen est une association dont les missions principales sont l'acquisition de connaissances scientifiques autour des questions sanitaires et environnementales, la transmission de ces savoirs et l’organisation d’actions de surveillance et de protection de l’environnement. Pour la première fois, citoyens, élus, industriels et scientifiques collaborent à un projet commun à l'échelle d'un territoire.

Etude d'imprégnation environnementale des populations de Fos-sur-Mer

Le 1er septembre 2016, l'Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions (IECP) lançait l'étude INDEX, première étude de bio-imprégnation humaine multi-polluants aux abords d'une zone industrielle. Après de longs mois de prélèvements, d'analyses des échantillons et de traitement des données, les résultats ont été livrés en mai 2018. Conformément à sa démarche scientifique, l'IECP a cherché non pas à dénoncer, mais bien à caractériser une exposition et l'imprégnation des populations qui en résulte. L'étude INDEX est la première étape d'un processus nécessaire sur ce territoire en matière de santé environnementale.

C'est en effet, la première fois que l’on s’intéresse au cheminement des polluants, aux moments et conditions dans lesquels ils franchissent la barrière de l’organisme. Jamais il n'avait été réalisé en Europe d'étude de ce type intégrant autant de molécules et à proximité d'une aussi grande zone industrialo-portuaire. Les chercheurs de l'IECP sont désormais à même de mieux comprendre la relation entre l’environnement et l’humain. Dès lors, des propositions de réponses à ce problème d’imprégnation chimique des organismes peuvent être envisagées, à tous les niveaux. Dans leur grande majorité, les résultats d'INDEX sont conformes à ce que l'on trouve dans les études de bio-imprégnation de façon générale. Les habitants de Fos-sur-Mer ne sont pas globalement plus imprégnés que ceux de la zone témoin, sauf pour 3 polluants spécifiques, typiques des émissions industrielles. Pris polluant par polluant, les résultats ne montrent pas de dépassements des seuils réglementaires, n'induisant donc pas de risques directs eau niveau sanitaire. En revanche l'étude a permis de dessiner des groupes de personnes ayant un ou plusieurs facteurs d'exposition spécifiques. Ainsi, INDEX prouve qu'il existe certaines activités qui augmentent les risques d'exposition à des polluants. Toutes ces pratiques ont trait à l'usage d'un environnement lui-même impacté par la présence de la zone industrielle, comme l'ont montré plusieurs études de l'IECP sur l'air, les sols, le milieu marin ou les végétaux cultivés.

Points Clés

  • - Etude de bio-imprégnation visant à comparer les taux de polluants anthropiques dans le sang et les urines entre les populations de Fos-sur-Mer (zone contaminée) et celles de Saint-Martin de Crau/Mouriès (zone témoin).
  • - 50 substances mesurées dans le sang et les urines d’au moins 120 personnes.
  • - Les résultats de l’étude INDEX montrent une surexposition à certains polluants dans la zone exposée, liée soit à l’inhalation, soit à certaines habitudes de vie.

Mesures environnementales

Durant toute la période de prélèvements, des mesures atmosphériques (lichens, particules ultrafines…) ont été effectuées. Elles confirment que la zone témoin est moins exposée que la zone impactée et viennent corroborer certains résultats obtenus.

Résultats

Les résultats présentés ci-après sont issus d'une analyse croisée entre, d'une part, les réponses aux questionnaires fournies par les participants sur leurs habitudes de vie (alimentation, santé, environnement professionnel…) et, d'autre part, les résultats sanguins et urinaires. On parlera alors de facteur d'exposition, c’est-à-dire d’une caractéristique personnelle (lieu ou habitude de vie) associée à une augmentation de l’imprégnation à un polluant.

En lien

L’ensemble des études sur la pollution atmosphérique conduites viennent conforter les résultats d‘INDEX, qu’il s’agisse des lichens ou des particules ultrafines. Il en va de même pour le transfert sols-plantes et l’imprégnation du milieu marin par les congres. Un guide toxicologique permet d’en savoir plus sur la toxicité des polluants recherchés.

Contamination via les voies aériennes

L'inhalation apparaît pour certains polluants comme un facteur d'exposition expliquant une différence d'imprégnation entre la population exposée et la population témoin. C'est notamment le cas pour le plomb (voir graphique ci-dessous). Les seuils relevés dans l'étude INDEX sont inférieurs aux moyennes nationales disponibles. Toutefois, ces chiffres datent de 2006-2007 et, depuis, une baisse générale d'exposition au plomb a été enregistrée (notamment avec l'arrivée des carburants sans plomb). Une étude nationale baptisée Esteban permettra de comparer les résultats d'INDEX à ceux du reste de la population française. Le Plomb INDEX a également montré que la population de la zone exposée présente des taux plus élevés pour deux furanes heptachlorés, caractéristiques des émissions industrielles. Il s'agit d'une très large famille de polluants chimiquement proche des dioxines dont la toxicité diffère d'un produit à l'autre. Les deux furanes heptachlorés identifiés présentent des toxicités très faibles, jusqu'à 3000 fois moins fortes que la dioxine la plus toxique ( dite «Dioxine Seveso »).

Pour le plomb, la campagne de mesures atmosphériques n'a pas mis en évidence de différence dans les PM2.5, mais montre de plus grandes concentrations dans les lichens à Fos. Ces résultats indiquent que le plomb, principalement émis par des sources industrielles à Fos-sur-Mer, pourrait être présent dans l'air sous forme de particules ultrafines, ce qui favoriserait son assimilation dans l’organisme par inhalation. L’ensemble de ces résultats permet de préciser le rôle de la zone industrialo-portuaire sur la contamination en plomb de la population via l’inhalation, dans des concentrations toutefois largement inférieures au seuil recommandé par les autorités de santé (100 μg/L).

Contamination par autoconsommation de légumes

Les participants consommant des légumes produits dans un potager situé en zone exposée présentent des taux de cadmium plus importants que ceux issus de la zone témoin. Le cadmium est un élément particulièrement bioaccessible, que ce soit dans les sols ou les végétaux. Une étude, conduite par l'Institut, sur les polluants au sein de légumes cultivés à Fos-sur-Mer (notamment des salades) a déjà montré une présence importante de cadmium dans les feuilles, mettant en évidence l’impact de la pollution atmosphérique liée à l’activité industrielle. En zone témoin, en revanche, l'autoconsommation de légumes diminue les concentrations.

Cadmium

Contamination liée à la pratique du jardinage

Le fait de jardiner dans la zone exposée entraîne des concentrations supérieures en PCB-DL (Dioxin like, soit ayant le même comportement que les dioxines) par rapport à la même pratique en zone témoin. Toutefois, aucun participant à l’étude ne dépassait les valeurs d’imprégnation critique préconisées par l’ANSES pour la somme des dioxines/furanes et PCB-DL. Les PCB-DL font partie de la famille des PCB qui regroupe 209 congénères. Du fait de leur toxicité, les PCB ont été interdits en France pour leur production et utilisation en 1987, mais ils ont très largement été utilisés depuis 1930, notamment dans les matériels électriques, les matériaux plastiques… Le jardinage est un facteur d’exposition via l’ingestion de particules de sol et des polluants associés, ce que confirme une étude de l’Institut sur les PCB dans les sols de jardins particuliers à Fos-sur-Mer ou Port-Saint-Louis-du-Rhône.



Contamination liée aux produits de la mer locaux

Pour l'ensemble des participants, la consommation de produits de la mer locaux contribue à augmenter les teneurs en mercure urinaire. Les taux de PCB augmentent également en fonction de la fréquence de consommation, à la fois, de poissons, mais également, de fruits de mer locaux. Ce lien entre l’imprégnation aux PCB et la consommation de produits de la mer a été identifié dans de nombreuses études au niveau national. Les résultats d’INDEX sont en cohérence avec ceux de l’étude conduite par l’IECP en 2012 sur les congres dans le Golfe de Fos. Pour les produits de la mer issus du Golfe de Fos, une des pistes de contamination du milieu pourrait être celle du Rhône, qui présente des taux importants de PCB dans ses eaux. Il est important de noter que la consommation de poissons locaux a un effet protecteur sur le taux de cobalt et que celle des fruits de mer locaux entraîne une diminution des taux de cadmium.

PCB PCB









Focus technique

Sélection des bio-marqueurs
Les bio-marqueurs pris en compte dans cette étude correspondent aux principales substances chimiques émises par les sites industriels de la ZIP de Fos, par la circulation routière, le trafic maritime et les activités urbaines (chauffage au bois...), ainsi que les substances mesurées dans l’environnement proche des installations industrielles.
Ont été mesurés :
  • - la concentration urinaire en S-PMA (métabolite du benzène),
  • - le taux sanguin de dioxines/furanes,
  • - le taux sanguin de PCB,
  • - le taux urinaire de HAP,
  • - les concentrations urinaires en métaux lourds : antimoine, cadmium, chrome, nickel, arsenic, cobalt, mercure et vanadium,
  • - la concentration sanguine en plomb.





Les facteurs de variation et de confusion (sans lien avec la pollution atmosphérique)

Les facteurs physiologiques

Les facteurs physiologiques sont ceux qui influent le plus sur les imprégnations en polluants :

  • L’âge : certains polluants s’accumulent tout au long de la vie, il est donc normal que les plus âgés soient les plus imprégnés.
  • Le sexe : il y a des différences entre les hommes et les femmes, comme les carences en fer, plus fréquentes chez les femmes et qui perturbent le stockage des métaux par l’organisme
  • La corpulence : certains polluants, comme les dioxines ou les PCB, sont stockés dans les graisses.
  • D’autres facteurs jouent également comme la grossesse et/ou l’allaitement, la fonction rénale...
  • Les résultats de l’étude INDEX concordent avec toutes les autres études de ce type.

Les facteurs alimentaires

La principale voie d’exposition aux polluants est souvent l’alimentation, sachant que la plupart des aliments consommés quotidiennement contiennent des polluants quelle que soit leur provenance. Par exemple, dans toute la France on retrouve des dioxines chez les consommateurs de gibiers, des PCB pour les produits de la mer ou encore du nickel pour les légumes...

Les facteurs d’activités

Comme pour les facteurs alimentaires, il est prouvé que certaines activités entraînent une surexposition à certains polluants, quelle que soit la zone d’étude : le temps passé en voiture augmente l’imprégnation en vanadium, l’utilisation de peintures celle en cobalt, l’usage d’anti-moustiques et de pesticides en général surexposent aux hydrocarbures, aux dioxines et furanes, aux métaux...

Publications

- Rapport d'étude 2018 : Etude d’imprégnation de la population aux polluantsatmosphériques de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer