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Etude d'imprégnation environnementale des populations de Fos-sur-Mer

Facteurs d'expositions

L’inhalation

L’inhalation apparaît pour certains polluants comme un facteur d’exposition expliquant une différence d’imprégnation entre la population exposée et la population témoin. C’est notamment le cas pour le plomb. Le fait d’habiter en zone exposée entraîne une contamination plus importante en plomb. Les seuils relevés dans l’étude INDEX sont inférieurs aux moyennes nationales disponibles.

Toutefois, ces chiffres datent de 2006-2007 et, depuis, une baisse générale d’exposition au plomb (notamment avec l’arrivée des carburants sans plomb) a été enregistrée dans les pays disposant de données plus récentes. Une étude de biosurveillance nationale, baptisée ESTEBAN (devant paraître en 2018-2019), permettra de comparer les résultats d’INDEX à ceux du reste de la population française.

INDEX a également montré que la population de la zone exposée présente des niveaux d’imprégnation plus élevés pour deux furanes heptachlorés, caractéristiques des émissions industrielles. Les furanes représentent une très large famille de polluants rattachée aux dioxines dont la toxicité diffère d’un congénère à l’autre. Les deux furanes heptachlorés identifiés présentent des toxicités très faibles, jusqu’à 100 fois moins fortes que la dioxine la plus toxique ( « Dioxine Seveso »).

La campagne de mesures atmosphériques a mis en évidence une absence du plomb dans les PM2.5, mais une présence contrastée dans les lichens. Ces résultats indiquent que le plomb, principalement émis par des sources industrielles à Fos-sur-Mer, pourrait être présent dans l’air sous forme de particules ultrafines, ce qui favoriserait son assimilation dans l’organisme par inhalation, dans des concentrations toutefois largement inférieures au seuil recommandé par les autorités de santé (100 μg/L).

La consommation des produits de la mer

Pour l’ensemble des participants, la consommation de produits de la mer locaux contribue à augmenter les teneurs en mercure urinaire. Les teneurs en PCB augmentent également en fonction de la fréquence de consommation à la fois de poissons mais également de fruits de mer locaux. Cette imprégnation en PCB, en lien avec la co nsommation de produits de la mer a été identifiée dans de nombreuses études au niveau national. Pour les produits de la mer issus du Golfe de Fos, une des pistes de contamination du milieu pourrait être celle du Rhône, qui présente des taux élevés de PCB dans ses eaux. Il est important de noter que la consommation de poissons locaux a un effet protecteur sur la concentration en cobalt et que celles des fruits de mer locaux entraîne une diminution du cadmium dans les urines par rapport aux consommateurs de fruits de mer ayant une autre origine.






















La pratique du jardinage

Le fait de jardiner dans la zone exposée entraîne des niveaux d’imprégnation supérieurs en PCB-DL (Dioxin like, soit ayant le même comportement que les dioxines) par rapport à la même pratique en zone témoin. Toutefois, aucun participant à l’étude ne dépassait les valeurs d’imprégnation critiques préconisées par l’ANSES pour la somme des dioxines/furanes et PCB-DL. Les PCB-DL font partie de la famille des PCB qui regroupe 209 congénères. Du fait de leur toxicité, les PCB ont été interdits en France pour leur production et utilisation en 1987, mais ils ont été très largement utilisés depuis 1930, notamment dans les matériels électriques, les matériaux plastiques… Le jardinage est un facteur d’exposition via l’ingestion de particules de sol et des polluants associés, ce que confirme une étude de l’Institut sur les PCB dans les sols de jardins particuliers à Fos-sur-Mer ou Port-Saint-Louis-du-Rhône.

La consommation de légumes du jardin

Les participants consommant des légumes produits dans un potager situé en zone exposée présentent des taux de cadmium plus importants que ceux issus de la zone témoin. Le cadmium présent dans les végétaux est presque intégralement assimilé par l’être humain. Une étude conduite par l’Institut sur les polluants au sein de légumes cultivés à Fos-sur-Mer (notamment des salades) a déjà montré une présence importante de cadmium dans les feuilles, mettant en évidence l’impact de la pollution atmosphérique liée à l’activité industrielle. En zone témoin, l’autoconsommation de légumes diminue en revanche l’imprégnation en cadmium par rapport aux consommateurs de légumes du commerce.