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VOCE - Le dispositif

Dans un contexte de fortes tensions environnementales, sociales et économiques qui caractérisent les territoires proches des zones industrielles, la participation des citoyens aux décisions d’aménagement, donc l’acceptation de certains choix, est conditionnée à la connaissance qu’ils ont des menaces qui pèsent sur leurs conditions de vie.

Projet originel à la création de l’institut, les « volontaires pour l’Observation Citoyenne de l’Environnement » sont lancés depuis deuxième semestre 2012. L’objectif de l’Institut est de créer, par la voie du volontariat d’observation de l’environnement, une relation directe et réciproque entre les citoyens et le monde de la recherche. Il s’agit de disposer, en tant que données scientifiques, des observations profanes mais permanentes des habitants sur leur environnement et leur santé et de permettre aux citoyens d’accéder à la connaissance issue de l’activité scientifique afin de participer à la gouvernance de leur territoire. A mi-chemin entre l’institutionnel et le tissu associatif, le groupe de volontaires joue le rôle d’une courroie de transmission de la connaissance, du terrain vers les scientifiques et du scientifique vers les citoyens.

Le Programme Repère

Le programme REPERE, lancé suite au Grenelle de l’environnement, est un réseau d’échanges et de projets sur le pilotage de la recherche et l’expertise. Il vise à pérenniser une plate-forme de dialogue, de propositions et de projets explorant les voies de la participation de la société civile organisée au pilotage de la recherche et de l’expertise. Il est conduit, au sein du Ministère de l’écologie, du développement durable du transport et du logement, par la Direction de la recherche et de l’innovation (DRI) du Commissariat général au développement durable (CGDD). Le projet VOCE a ainsi été retenu après l’appel à projet 2010 et doté par le Ministère de 37 000 euros sur deux ans(www.programme-repere.fr). A l’issue des deux années du programme un rapport final a été remis aux instances ministérielles.

Les enjeux portés par le dispositif

Abritant l’une des plus importantes zone industrialo-portuaire d’Europe, les territoires des pourtours de l’Etang de Berre et du Golfe de Fos se caractérisent par une imbrication entre les problématiques sociales, environnementales et économiques créant des situations conflictuelles : environnement en grandes difficultés potentielles, développement économique répondant à des logiques mondiales, inquiétude et demande sociale pour la protection de la santé et du cadre de vie. L’histoire récente montre que la science et l’expertise ont pu être instrumentalisées pour influencer, sur le plan environnemental et sanitaire, certaines décisions d’aménagements industriels.

Ainsi, l’Observatoire pour l'Observation Citoyenne de l’Environnement porte trois enjeux distincts :

  • Enjeu démocratique : fonder les bases de la concertation locale sur une approche scientifique comprise et maîtrisée par tous
  • Enjeu territorial : permettre le développement en intégrant les mesures de prévention des risques environnementaux cohérentes et efficaces
  • Enjeu scientifique : ouvrir la définition et la conduite des politiques scientifiques aux citoyens, développer l’éventail des champs d’observation

Missions des volontaires

Le groupe de volontaires vise à créer un triptyque science – société – territoire qui se veut être le lien permanent entre les organismes de recherche et les paramètres environnementaux, mais également un vecteur nouveau de la transmission des connaissances.

Ce groupe a pour mission principale d’observer l’environnement et son évolution, selon des critères quantifiables et définis au préalable. Ceci permet la mise en place d’une structure de vigilance et de développement de la connaissance. Les jeux de données recueillis sont transmis aux organismes de recherche qui les interprètent sur la base des connaissances existantes ou qui initient de nouveaux projets pour les expliquer. Par exemple :

    Evaluation de la qualité de l’air et notamment de la concentration en particules par la mesure de la visibilité ; identification de panaches de pollution (situation, ampleur, couleur), caractérisation de la composition chimique de l’air par l’odeur.
  • Observation du milieu aquatique (mer et eaux de surface) : aspect de l’eau, présence de corps étrangers (solides, huiles…), goût, variation de la salinité.
  • Aspect des sols, indicateurs de sécheresse, de dégradation.
  • Observation de la faune et de la flore par les groupements d’acteurs sur les espaces naturels (randonneurs, sportifs, chasseurs, pêcheurs, agriculteurs…) : comptage, évolution de l’état de santé des animaux, développement et disparition d’espèces.

D’une façon générale : les volontaires rapportent l’ensemble des informations dont ils pourraient disposer sur l’occurrence d’une pollution, si celle-ci est avérée.

Afin de réaliser leurs missions et d’homogénéiser les informations recueillies, les volontaires bénéficient de formations établies en lien avec les membres du Conseil scientifique de l’Institut Ecocitoyen et dispensées par les scientifiques ou tous autres acteurs du territoire ou organismes compétents. La formation devra permettre l’échange de connaissances entre volontaires et éviter la spécialisation du savoir.