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Bruit de fond naturel: un outil indispensable pour l'aménagement du territoire

Carte occupation des sols

La connaissance des niveaux de pollution des sols de ce territoire est une des priorités des acteurs locaux tant elle pèse sur les décisions d'aménagement. L’Institut a donc dès sa création lancé une vaste étude destinée à évaluer les teneurs naturelles en Eléments Traces Métalliques et Métalloïdes (ETMM) et leur comportement dans le sol. Les résultats ont permis d'évaluer le fond pédogéochimique en ETMM et ont mis en évidence dans le nord du territoire une anomalie naturelle en Cadmium dans les sols formés sur les alluvions du Rhône et en Cuivre en Crau sèche et sur les terrains colluviaux. Les résultats ont également permis d'identifier des zones exposées aux émissions industrielles et routières de la zone industrialo-portuaire (ZIP) notamment sur les communes les plus proches, Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône. Les principales contaminations de surface observées concernent le Plomb, le Zinc et le Cuivre, les polluants métalliques les plus émis par les industries de la zone, notamment la sidérurgie. Ces données doivent permettre à plus long terme de constituer une base de données complète des caractéristiques physico-chimiques et des teneurs en ETMM dans les sols à l'ouest de l'Etang de Berre.

Focus technique

Pour mener cette étude, 30 sites, représentatifs des 7 occupations de sols prédominantes dans la région, ont été échantillonnés. Des analyses des teneurs totales en métaux et métalloïdes ainsi que des mesures des principaux paramètres physico-chimiques ont été réalisées dans tous les horizons de sol identifiés pour chaque site.


Un outil d’aide à la décision

Pour le territoire intercommunal il s’agit d’un outil inestimable dans la capacité des collectivités à maîtriser leur aménagement. En effet, l’étude du bruit de fond requiert des compétences dont peu de territoires sont dotés. Les nombreuses études de sols réalisées depuis plusieurs dizaines d’années sur le territoire communal et intercommunal constituent une connaissance riche de l’état des sols, à condition de pouvoir les interpréter pour caractériser d’éventuelles contaminations. Le recours à des valeurs de références en polluants est alors indispensable. Or il n’existe pas, en France, de réglementation spécifique concernant le milieu sol, et les études existantes concernent essentiellement des sols de surface.


Avant de lire les résultats

L’étude sols repose sur quelques notions fondamentales absolument nécessaires pour comprendre les résultats présentés ci-après.
La profondeur : l’étude repose sur le fait d’analyser la teneur en métaux en fonction de la profondeur. Ainsi les couches supérieures (surface) et inférieures (prondeur) sont analysés séparément. D’une façon générale, plus l’échantillon est profond, plus il témoigne d’une teneur ancienne. Ainsi, il est important de savoir, que les sols contiennent naturellement des métaux. On parle alors de teneur « naturelle ». Une pollution des sols ne peut donc être prouvée que si l’on connaît la teneur naturelle de ce sol en polluant.
Le Facteur d’Enrichissement (FE) : il s’agit d’une méthode de calcul permettant, à partir des teneurs en surface et en profondeur, de déterminer la part des métaux ayant été apportée par l’activité humaine. On parle alors « d’apport anthropique ». Ce FE est représenté par un chiffre. On considère qu’au-dessus de 2, l’apport anthropique est significatif.