air eau sante sol

Les particules en suspension dans l'air de Fos-sur-Mer

taille

Les données réglementaires de la qualité de l’air pointent régulièrement des pics de pollution aux particules. Il a donc paru incontournable au Conseil scientifique de l’Institut de conduire une étude approfondie afin de connaître avec précision la nature (taille, nombre) des particules présentes dans l’atmosphère ainsi que la composition chimique de cet aérosol.
Il est important de rappeler que la pollution particulaire est au cœur des préoccupations de l’Union Européenne ainsi que de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) car elle serait selon l’étude Aphekom, responsable d’espérances de vie réduite de 3,6 à 7,5 mois selon les villes. Au total, ce sont 2 900 morts prématurées par an dues aux particules fines qui pourraient être évitées si les concentrations moyennes annuelles de PM2,5 respectaient la valeur guide de l'OMS (10 µg/m3).

Le cas des villes riveraines de la ZIP de Fos-sur-Mer a ceci de particulier qu’il ne s’agit pas d’une grande zone urbaine dont la pollution particulaire pourrait être expliquée uniquement par le trafic routier. La zone industrielle impacte très fortement l’atmosphère locale.
L’Institut Ecocitoyen étudie la pollution atmosphérique depuis 2011 à partir d’une description précise et exhaustive des composants de l’air, au sein des zones habitées voisines des principales sources de particules. C’est à partir des conclusions de cet état des lieux que l’actuel programme de l’Institut Ecocitoyen pour l’étude de la qualité de l’air des territoires industriels a été défini.

Les particules en suspension

aerosol

Les particules en suspension dans l'air, ensemble appelé aérosol, sont constituées de substances solides et/ou liquides de différentes natures. Minérales ou organiques, composées de matière vivante (pollens...) ou non, grosses ou fines, les particules en suspension constituent un ensemble extrêmement hétérogène de polluants dont la taille varie de quelques nanomètres à une centaine de micromètres. La profondeur de pénétration des particules dans l’arbre pulmonaire est directement liée à leurs dimensions, les plus grosses étant arrêtées puis éliminées au niveau du nez et des voies respiratoires supérieures. Le rôle des particules en suspension a été montré dans certaines atteintes fonctionnelles respiratoires, le déclenchement de crises d’asthme et la hausse du nombre de décès pour cause cardio-vasculaire ou respiratoire, notamment chez les sujets sensibles (enfants, bronchitiques chroniques, asthmatiques…).


Que contient l’air des territoires industriels ?

Une première étude, conduite en 2011 à Fos-sur-Mer, a permis de « scanner » l’atmosphère d’une zone résidentielle située au voisinage de la zone industrialo-portuaire.
Des conclusions importantes ressortent de cette analyse générale : Ainsi il apparait clairement que la présence de la zone industrielle entraîne une pollution particulaire très importante et spécifique nécessitant une surveillance adaptée. Ce n’est pour l’heure pas le cas : en effet, la mesure réglementaire assurée en France donne une importance excessive aux particules de grande taille par rapport aux plus petites (diamètre < 1 µm).
L’Institut Ecocitoyen préconise de compléter les mesures réglementaires de la pollution particulaire pour tenir compte du nombre et de la taille des particules.

taille

L'étude camescop

La campagne CAMESCOP s’est organisée autour de deux sites : le site d’étude, exposé aux polluants (Fos Carabins) et un site dit de référence (Miramas), théoriquement moins exposé car éloigné des installations industrielles du pourtour de l’Etang de Berre. Les dispositifs de mesure ont été installés à proximité de stations de mesures du réseau AirPaca, afin de pouvoir disposer de données complémentaires et d’étendre la portée de l’étude. Le matériel installé, issu de la mobilisation de la plateforme MASSALYA et des moyens de prélèvement du CEREGE, consiste en un grand nombre d’appareils de prélèvement et d’analyse de haute sensibilité, utilisés dans le cadre de la recherche scientifique :

  • Trois compteurs de particules permettant de déterminer leurs tailles (quelques nm à 20 µm)
  • Deux analyseurs en ligne permettant de déterminer la composition chimique des particules et des gaz (50 COV naturels, anthropiques, oxygénés)
  • Deux préleveurs de filtres pour analyse des composés métalliques et organiques
  • Partenariat technique avec Airfobep pour les données PM10, O3, SO2 et météo. En outre, une campagne spécifique était mise en œuvre par l’AASQA dans le cadre de l’étude du mode dégradé d’ArcelorMittal.


Le développement de la connaissance

Les études encours de l’Institut et de ses partenaires (Université, AirPaca) visent à permettre d’améliorer encore la connaissance de cette question et ainsi de pouvoir préconiser des méthodes de surveillance et donc de prévention plus efficaces.
Compte tenu des résultats de l’étude CAMESCOP, une investigation poussée des causes de la pollution atmosphérique a été mise en œuvre au travers de deux actions :
  • Une étude de sources individualisant les sites industriels de la ZIP (lien vers étude de sources). Cette action permettra de connaître la contribution des principaux émetteurs de particules à la pollution mesurée au sein des zones résidentielles, notamment Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône.
  • Un suivi continu du nombre de particules ultrafines (lien vers suivi continu), facilement inhalables, au voisinage de la ZIP. Cette mesure vient en complément de la surveillance réglementaire assurée par AirPACA.