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SULTTAN

La taille et le nombre des particules ultrafines est un sujet qui date maintenant de quelques années. L'étude CAMECOP avait tout d'abord mesuré que 85 % du nombre de particules ne représentent que 7 % de la masse. Or ce n'est pas le nombre qui est suivi réglementairement, mais la masse. 85 % des particules sont donc négligées dans cette mesure. De plus, ces particules sont inférieures à 100 nm, donc sont potentiellement plus dangereuses pour la santé.
L'Institut a estimé qu'il était important de suivre ces paramètres sur le long terme. Une campagne préliminaire de 3 mois a été mise en œuvre en 2013, en période estivale, à Fos/Carabins (au sein de la station d'AirPACA).

Objectif

Un tel suivi permet de mesurer le nombre et la taille des particules, afin de mieux connaître les phénomènes d’apparition des pics de pollution particulaire, en tenant compte de la spécificité des territoires industriels : contrairement aux zones urbaines ou rurales, les zones riveraines des sites industriels se caractérisent en effet par des taux importants de particules dont le diamètre est inférieur à 1 µm. Or, bien que présentant, en nombre et en termes de risques sanitaire, la fraction la plus importante de l'aérosol, ce type de particules est mal pris en compte par les dispositifs de surveillance réglementaire.
La mesure du nombre de particules ultrafines permet donc d’obtenir une donnée représentative de la quantité de particules les plus dangereuses pour la santé.

Focus technique

La technologie employée pour déterminer la densité de l’aérosol a utilisé le principe du comptage granulométrique, ce qui indique à la fois le nombre de particules et leur taille et apporte ainsi une évolution fondamentale par rapport à la surveillance réglementaire de la qualité de l’air. Celle-ci, fondée sur la mesure de la masse des particules, privilégie les particules de grande taille – les plus lourdes – et ne permet pas de retranscrire le taux de particules les plus fines, en raison de leur poids négligeable.
Les mesures ont été réalisées par le compteur granulométrique de particules ultrafines (SMPS) acquis par l’Institut en 2012.

Principaux résultats

Deux campagnes de mesures ont été conduites entre les mois d’avril et septembre 2013. Une première en site rural, une seconde en site urbain. Ces deux études confirment les mesures réalisées dans le cadre de la campagne CAMESCOP à Fos-sur-Mer en 2011 : on observe des épisodes de particules ultrafines particulièrement intenses, lorsque les vents orientent les panaches industriels vers le point de mesure.
La comparaison entre le nombre de PM1 mesurées au cours de ces périodes avec les mesures de SO2 et de masse de PM10 conduit également à des conclusions similaires à celles observées lors de la campagne de 2011. On observe une relative corrélation avec les mesures de SO2, mais beaucoup moins avec celles de PM10.
Cela traduit à nouveau la complémentarité des mesures en nombre et en masse des particules, et montre l'intérêt particulièrement important de mesurer le nombre et la taille des particules à proximité d'une zone industrielle où ces paramètres sont si particuliers et encore mal connus. D'autant plus que l'impact sanitaire y est intimement lié, ce qui confirme l'intérêt scientifique de ce type de suivi.