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Utilisation de la biosurveillance lichénique sur la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer :
Retour sur trois ans de suivi à l'échelle d'un territoire intercommunal

carte Peu de données oncernant l’état environnemental de l’ouest de l’étang de berre sont aujourd’hui disponible et ce malgré le nombre imortant de sources de pollutions, notamment industrielles. La réglementation impose la réalisation d'une biosurveillance autour des installations classées pour l’environnement, confiant aux exploitants le choix de la méthode de suivi (lichens, ray-grass, espèces marines...), il n'existe toutefois pas de mise en commun de ces données. La connaissance qui en résulte se fonde donc sur des mesures disparates autant d'un point de vue méthodologique que géographique, qui ne permettent pas de quantifier l’effet cumulé des émissions. De plus, aucun suivi n'est réalisé dans les zones d'habitations alentour, rendant particulièrement difficile l’établissement de liens entre ces résultats de suivis environnementaux avec un éventuel impact sanitaire pour les populations.

L'Institut Écocitoyen pour la Connaissance des Pollutions a engagé depuis 2011 une biosurveillance lichénique complète sur un territoire intégrant la zone industrialo-portuaire ainsi que les villes alentours. Les lichens, symbioses entre un champignon et une algue ou cyanobactérie, ont pour principales sources d'éléments nutritifs les apports atmosphériques et peuvent ainsi être très sensibles aux polluants atmosphériques métalliques et organiques. Ils sont considérés comme des bioindicateurs pertinents de la qualité de l'air et ont ainsi été largement utilisés pour mesurer l'exposition des écosystèmes terrestres aux métaux traces ou à divers composés organiques tels que les PCBs (polychlorobiphényles), les HAPs (hydrocarbures aromatiques polycycliques) ou les dioxines en utilisant leur qualité de bioaccumulateurs de polluants atmosphériques. De même, la diversité lichénique est utilisée comme un indicateur depuis le xixe siècle pour surveiller les effets de la pollution de l'air dans les zones urbaines ou industrielles. Celle-ci modifie les communautés de lichens, ce qui se traduit, selon la nature et la concentration des polluants, par un appauvrissement en termes de richesse et d'abondance.

Publications:
- Rapport d'étude : Télécharger ici
- Article Workshop APPA 2014: Télécharger ici
- Poster lichens : Télécharger ici
- Article scientifique ("Pollution atmosphérique") : Voir ici


L'étude

Les travaux de biosurveillance lichénique s'articulent autour de relevés de flore lichénique épiphyte réalisés entre 2011 et 2013, et de prélèvements de thalles de Xanthoria parietina effectués une fois par an depuis 2011 pour mesurer la bioaccumulation des polluants. Les analyses conduites sur ces prélèvements concernent à la fois 17 métaux et métalloïdes, les 16 HAP de la liste USEPA et les dioxines et furanes (PCDD/F) de la liste OMS. La complémentarité des deux approches est ainsi utilisée pour améliorer la connaissance de l'état environnemental à l’Ouest des Bouches du Rhône.

Géographie

carte La zone d'étude a d'abord été centrée sur la zone industrialo-portuaire (ZIP de Fos) et les villes adjacentes (Port-Saint-Louis-du-Rhône et Fos-sur-Mer), qui concentrent le plus de points d'observations et de prélèvements. Les centres villes d'Istres et de Miramas ainsi qu'un site au sud-est de Fos-sur-Mer (Engrenier) ont également été pris en compte dès 2011 afin d'examiner l'impact de la ZIP sur des villes ou des quartiers plus éloignés. Une station située au sein de la réserve naturelle nationale des Marais du Vigueirat a été choisie afin de constituer un site dit de référence local, éloigné de tout centre urbain et axe routier et situé à 16 km du centre de la ZIP.
Les années suivantes ont vu s'étendre la zone d'étude vers des localités de l'intercommunalité Ouest-Provence plus éloignées (Grans et Cornillon en 2012) et autour du complexe pétrochimique de Lavéra en 2013 (Lavéra, Port-de-Bouc, Martigues). Ces extensions ont pour objectifs respectifs d’analyser l’influence éventuelle des zones industrielles locales au-delà de 10 km sur l'imprégnation et la diversité lichénique, ainsi que de tenir compte et mesurer l'impact du deuxième grand centre industriel à proximité de Fos-sur-Mer.