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CAMESCOP - Campagne de Mesure des COV et Particules - Résultats

Nombre de particules

Rose de pollution La règlementation impose aux AASQA de quantifier les particules en mesurant la masse de particules dans l’air. Ce mode de mesure conduit à une surreprésentation des grosses particules (> 1 μm) car elles pèsent plus lourd que les particules ultrafines (< 0,1 μm). Or de nombreuses études montrent que les particules fines (entre 10 et 500 nm) atteignent les bronches voire directement le système sanguin, les rendant d’autant plus dangereuses que les grosses. La mesure en nombre réalisée au cours de la présente étude consiste à compter une à une les particules en fonction de leur taille. Cette notion, à l’inverse de la masse de particules, tient principalement compte de ces particules ultrafines puisqu'elles sont toujours nettement les plus nombreuses. Ce mode de mesure des concentrations des particules offre ainsi une vision complémentaire particulièrement pertinente. Elle est d’autant plus appropriée dans la zone de Fos-sur-Mer que les foyers de combustion (industrie, trafic routier…) émettent principalement des particules ultrafines. Au cours de l’étude, le nombre moyen de PM1 a atteint 12 000 particules.cm-3, soit un niveau comparable à celui d’un fond urbain de grande ville (en moyenne entre 10 000 et 25 000 particules.cm-3). Ce niveau est conforme à ce qui pouvait être pressenti dans cette zone, notons toutefois que les conditions météo ont été favorables à la dispersion des particules lors de la période de l’étude. Le nombre moyen de PM1 est d’ailleurs nettement moins élevé pendant les épisodes de mistral (9 700 particules.cm-3) que lors des autres régimes de vent (15 600 particules.cm-3).Hors mistral, il apparaît des périodes très chargées en particules avec des pics qui dépassent 100 000 particules.cm-3. Ces pics interviennent principalement par des vents d’un large secteur sud, et sont souvent associés aux élévations de concentration en SO2, indiquant une origine industrielle probable. En revanche, peu de corrélation a pu être constatée entre la mesure en masse des PM10 et le nombre de PM1. Cela confirme que la détermination en masse des aérosols n'est pas une unité pertinente pour représenter l'importance de la contamination par les aérosols en site industriel. La mesure du nombre de particules apparaît donc comme un complément indispensable à une meilleure vision de la pollution par les particules dans une zone comme celle de Fos-sur-Mer particulièrement exposée aux émissions industrielles.

Tailles des particules

Distribution La taille des particules joue un rôle prépondérant dans leur dangerosité, notamment pour les plus fines qui peuvent passer directement dans le sang en franchissant les parois alvéolaires. Les mesures ont montré des proportions particulièrement fortes en particules ultrafines (0,01 à 0,1 μm) au cours du mois, qui atteignent 85 % du nombre total de PM1 (0,01 à 1 μm), soit un niveau généralement considéré comme fortement impacté par les activités humaines. Il faut noter que les particules ultrafines prennent une part plus importante par mistral (87 %) que par les autres régimes de vent (81 %) mais restent élevées dans les deux cas. La campagne CAMESCOP a ainsi été témoin d’épisodes photochimiques caractéristiques avec augmentation progressive des particules ultrafines en fin de matinée. Au contraire, les périodes hors-mistral moins ensoleillées sont caractérisées par des augmentations brusques et très intenses de certaines catégories de tailles de particules. Ces épisodes attestent de l’arrivée soudaine de masses d’air très chargées en particules fines et sont généralement observés lors des changements de vents. Ces caractéristiques et l’orientation des vents en provenance du secteur sud semblent indiquer une origine industrielle de ces évènements.

Vers Composition chimique